Inna Diagne et son époux traînés en justice par Djibril Diop qui réclame la paternité de «leur» fils présentement âgé de 19 ans

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Djibril Diop a trainé hier devant le juge des flagrants délits de Dakar son ex-copine Inna Diagne et l’époux de celle-ci, Moctar Ndiaye, pour réclamer la paternité de «leur» fils actuellement âgé de 19 ans. Ce couple avait donné le nom de famille «Ndiaye» à l’enfant Ibrahima, alors qu’il était déclaré au centre d’état civil de l’hôpital Aristide Le Dantec sous le nom de Diop.

Le couple Moctar Ndiaye-Inna Diagne a été traîné hier devant le juge des flagrants délits de Dakar par Djibril Diop. Ce dernier leur réclame la paternité de «leur» fils qui a aujourd’hui 19 ans. Il a résulté hier de la déposition des parties à l’audience que Inna Diagne et Djibril Diop étaient à l’époque des amants qui étaient sur le point de se marier. Mais, selon Inna, la mère de Djibril s’y est opposée catégoriquement. C’est par la suite qu’elle a noué une relation amoureuse avec son actuel mari, Moctar Ndiaye et à l’issue de laquelle elle est tombée enceinte. À en croire toujours la dame qui a caché sa grossesse à Moctar Ndiaye, elle a attribué la paternité de son bébé à Djibril Diop dans l’optique de convaincre la mère de celui-ci afin qu’il l’épouse. Lorsqu’elle a accouché, Djibril Diop a baptisé l’enfant à qui il a donné son nom de famille. De ce fait, le rejeton se faisait appeler Ibrahima Diop et il répondait par ce nom de famille. Mais, curieusement, en 2003, Moctar Ndiaye a renoué avec Inna Diagne et a fini par se marier avec elle. De ce fait, le couple a déclaré l’enfant sous le nom de Ndiaye. L’enfant, troublé par ce nom de famille par lequel il est appelé à l’école, s’en est ouvert à son père, Djibril. Choqué, ce dernier a déposé une plainte au niveau de la Sûreté urbaine pour tirer cette affaire au clair.
Dans sa plainte, le plaignant a déclaré avoir eu le 30 décembre 2001 un garçon avec Inna qu’il a déclaré 10 jours après sa naissance. Aussi, il a été étonné d’apprendre que l’enfant était appelé Matar Ndiaye à l’école alors qu’il l’avait baptisé Ibrahima Diop.
Les enquêtes menées ont permis de confirmer point par point les déclarations de Djibril Diop. Le registre des actes de naissance prouve que l’enfant a bel et bien été déclaré au centre d’état civil de l’hôpital Aristide Le Dantec, et il portait le nom de Ibrahima.
Alors que l’acte de naissance présenté par la mère n’a pas été obtenu suivant une procédure adéquate. Interrogée à ce propos, Inna a déclaré que c’est Djibril Diop qui avait pris la responsabilité de déclarer le petit Ibrahima tout en sachant qu’il n’était pas le père. Elle a soutenu que c’est bien son mari, Moctar Ndiaye, qui est le père biologique de l’enfant. Interrogé, Moctar Ndiaye a dit avoir obtenu un jugement à la suite d’une audience foraine à la mairie de Biscuiterie. Malheureusement pour lui, les investigations ont prouvé que ledit acte de naissance a été établi le 10 janvier 2001 ce qui coïncide avec un dimanche. Alors que les agents de la mairie ne travaillent que les jours ouvrables.

Inna Diagne assume

Inculpés pour faux dans une écriture publique, le couple a comparu en liberté provisoire, hier, devant le juge des flagrants délits de Dakar. Agent municipal à Sicap Mermoz, la mère de l’enfant, Inna Diagne, a soutenu mordicus n’avoir pas établi le faux document. «J’étais au courant quant Moctar Ndiaye déclarait mon fils en son nom, puisque je lui ai remis la copie de ma pièce d’identité. Par contre, je ne savais pas que Djibril Diop avait déclaré mon fils comme étant son père. Alors qu’il sait qu’il n’est pas le père de mon enfant. Et c’est pour cela qu’il n’a pas voulu venir comparaitre. C’est Djibril qui l’a baptisé. J’étais d’accord qu’il lui donne son nom de famille, mais il savait pertinemment qu’il n’était pas le père. Après mon accouchement, je ne l’ai pas dit à Moctar Ndiaye puisque je l’ai perdu de vue», s’est défendue cette prévenue qui a révélé sur procès-verbal avoir attribué la paternité de bébé à Djibril pour que celui-ci l’épouse.

Moctar Ndiaye dégage en touche

Ce sont les mêmes contestations qu’a servies son époux, Moctar Ndiaye. Plaidant non coupable sur le faux, il a souligné avoir déclaré l’enfant au moment de ses 6 ans, à l’audience foraine de la mairie de Biscuiterie. Ce, dit-il, en présence d’un juge et de ses deux témoins. «Je n’ai pas baptisé l’enfant, mais je suis son père. Quand j’ai su que Djibril l’a baptisé et déclaré en son nom, j’ai boudé et je ne me suis plus rendu chez elle. Mais, 6 ans après les faits, Djibril a reconnu devant toute sa famille que j’étais le père biologique. C’est en 2002 que j’ai su que j’étais le père biologique de l’enfant. C’est au cours de cette année-là que sa mère Inna m’a raconté la vérité sur la paternité de l’enfant. En 2003, je me suis marié avec sa mère et je l’ai déclaré en 2006», a-t-il affirmé. Mais, la parquetière lui a rétorqué que la date de ladite déclaration qu’il a avancée est fausse. Parce que, dit-elle, cette déclaration est antérieure puisqu’elle a été faite en 2001.

La parquetière demande à la dame de faire un test Adn pour connaître le véritable père de l’enfant

Vu cette vive polémique autour de la paternité de cet enfant, l’un des assesseurs a demandé à la concernée d’aller recourir à la science pour connaitre la vérité sur la paternité de son fils. «C’est dans l’intérêt de tous d’aller faire un test ADN. La science est là mais, le faux est constant», lui a-t-elle ordonné. La représentante du ministère public a requis 6 mois assortis du sursis contre Moctar Ndiaye pour le délit de faux. Aussi, elle a sollicité la même peine pour Inna Diagne après la requalification des faits de faux en écriture privée authentique reprochés à cette dernière en complicité.
Avocat de la défense, Me Abou Abdoul Daff a sollicité du tribunal le renvoi des fins de la poursuite de ses clients sans peine, ni dépens. D’après la robe noire, les poursuites sont illégales. «Les simples déclarations des parties ne peuvent pas édifier sur la fausseté desdits documents», a pesté la robe noire. Délibéré le 7 décembre prochain.

Fatou D. DIONE
LES ECHOS

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