Kenya: Deux femmes avoue s’être excisé mutuellement pour « éviter » la mort de leurs enfants

Kenya: Deux femmes avoue s'être excisé mutuellement pour "éviter" la mort de leurs enfants

Kenya

« je l’ai excisé, puis elle ma excisé » avoue deux Kenyane marié à deux frères devant le tribunal afin de se prémunir contre une « malédiction ancestrale » consistant à tuer tous leurs enfants.

Tribunal de Marimanti, une petite ville du comté de Tharaka-Nithi au centre du Kenya. Parmi les affaires inscrites dans le rôle d’audience de ce vendredi, figurait en bonne place celle du « Ministère public contre Mmes Winjoy Wanja et Julia Ngugi ».

Âgées, respectivement, de 27 ans et 25 ans, Winjoy Wanja et Julia Ngugi ont comparu devant la cour présidée par le magistrat Peter Maina pour « pratique d’excision », une opération interdite au Kenya, conformément la loi du 6 octobre 2011 portant interdiction de mutilations génitales féminines ou « Prohibition of Female Genital Mutilation Act ».

Avouant les faits, les deux dames ont déclaré qu’elles avaient pratiqué l’ablation de leur organe pour éviter une malédiction dont leurs enfants seraient victimes. « Un ancêtre de la famille décédé il y a bien longtemps nous visitait chaque nuit dans notre sommeil. Il nous prévenait en disant que si nous ne nous excisons pas, tous nos enfants devraient mourir », a expliqué Winjoy Wanja.

« C’est pourquoi, elle m’a excisée et moi aussi, je lui ai coupé son organe. Et depuis ce jour-là, l’esprit de l’ancêtre ne nous visite plus. C’est dire qu’il était satisfait de ce que nous avons rempli cette formalité. Donc, mes deux enfants comme les trois rejetons de ma voisine ne mourront plus à cause de cette malédiction intergénérationnelle dont nos époux ne nous ont pas informées », a renchéri Julia Ngugi.

Pas suffisant pour convaincre le tribunal. Le juge Maina a ainsi ordonné le maintien en détention des deux femmes. La prochaine audience aura lieu le 14 novembre.

Le Prohibition of Female Genital Mutilation Act stipule que toute personne reconnue coupable de mutilation génitale féminine est passible d’une peine allant de 3 à 7 ans d’emprisonnement ferme.

Mais en cas de décès de la personne ayant subi la mutilation, l’auteur encourt la prison à perpétuité assortie d’une amende qui peut s‘élever à 500 000 shillings (plus de 4 000 euros).

Africanews

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