Nigeria : la police disperse une manifestation de « révolutionnaires » à Lagos

Nigeria : la police disperse une manifestation de « révolutionnaires » à Lagos

Au Nigeria, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants lors de manifestations interdites.

De nombreux Nigérians sont descendus lundi dans les rues de Lagos. Ils protestaient contre l’arrestation d’Omoyele Sowore. Candidat du Congrès d’action africain (AAC) à la dernière élection présidentielle et directeur de publication du site Sahara Reporters. Ce dernier avait appelé vendredi à une marche le 5 août.

Pour l’opposant, il était question d’exprimer ce « besoin d’une révolution au Nigeria, pour les opprimés qui veulent la liberté et ne plus être soumis à l’oppression ».

Mais à peine venaient-ils de commencer leur marche et entonner un hymne « révolutionnaire » que les partisans de M. Sowore ont été dispersés par la police qui utilisé des gaz lacrymogènes.

« Des policiers et des soldats ont tiré sans discrimination. Nous avons au moins deux personnes que j’ai vues touchées à la jambe », a confié à l’AFP Femi Adeyeye, un militant présent à la manifestation.

Aucune information sur des arrestations ou des blessés n’a été fournie par un porte-parole de la police de Lagos.

M. Sowore, féroce critique du président Buhari, a été arrêté après avoir annoncé des manifestations dans le pays pour lundi sous le mot d’ordre “#RevolutionNow” (révolution maintenant).

Pour la police, c’est une menace à l’ordre public estimant que l’opposant avait « franchi une ligne rouge ».

« Nous ne pouvons autoriser quiconque ou un quelconque groupe à fomenter le chaos et attiser les braises de la révolution », avait prévenu dimanche un porte-parole, Peter Afunaya. 

Le président Buhari, réélu en février pour un second mandat, fait face à de nombreux défis dans le pays le plus peuplé d’Afrique, dont une insurrection islamiste, une corruption endémique et une économie fragile.

M. Sowore dirige un site d’information en ligne, Sahara Reporters, qui dénonce notamment la corruption. Il n’est arrivé qu’en dixième position à la présidentielle mais son message anti-establishment a retenu l’attention.

Différentes personnalités, dont le prix Nobel Wole Soyinka, ont condamné son arrestation. 

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